A la rencontre des orthophonistes

Mais à quoi ressemble vraiment le quotidien d’un.e orthophoniste ? Des professionnelles passionnées des PEP CBFC nous ont partagé leurs expériences lors de trois entretiens enrichissants. Venant d’établissements différents, leurs journées ne sont pas rythmées de la même manière, elles nous racontent : 

Anne, orthophoniste au Dispositif Intégré d'Accompagnement des Déficiences Visuelles et Auditives (DIADEVA)

Depuis quand exercez-vous le métier d’orthophoniste et pourquoi vouliez-vous faire ce métier ? 
« Je suis orthophoniste depuis le 27 octobre 1995. D’aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours intéressée aux relations humaines. C’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers le métier d’orthophoniste afin de pouvoir acquérir les compétences nécessaires à l’accompagnement de personnes désireuses d’améliorer leur communication au quotidien. J’ai toujours exercé en tant que salariée (temps partiel en début de carrière puis temps plein depuis 20 ans) et cela fait aujourd’hui bientôt 3 ans que j’ai rejoint la famille des PEP CBFC et en particulier le Dispositif Sensoriel et Moteur (DSM)/DIADEVA. J’accompagne au quotidien des enfants malentendants qu’ils soient appareillés ou porteurs d’implants cochléaires. » 

Comment se déroule une journée type pour vous ? 
« Une journée type est composée de plusieurs séances de rééducation sur les lieux de vie des jeunes accueillis au DIADEVA (crèche, école ou domicile) : je parcours plusieurs centaines de kilomètres par semaine pour une vingtaine de séances car les jeunes sont répartis sur tout le département. Il y a également du temps dédié aux tâches administratives (préparation de séances, écrits relatifs à des évaluations ou observations cliniques, compte rendus d’entretiens famille, échanges entre collègues). D’autres réunions jalonnent notre planning cependant elles restent ponctuelles (réunion d’informations générales, réunions de rentrée après chaque période de vacances, réunions d’analyse des pratiques professionnelles, réunions avec des partenaires extérieurs...). De manière récurrente, ce qui me touche : des enfants qui m’interpellent en oralisant alors que leur mode de communication « habituel » est plutôt visuel (signes, Langue des Signes Française ou pictogrammes). »

Pouvez-vous parler d’une expérience qui vous a profondément marquée en tant qu’orthophoniste ?
« J’aurais deux anecdotes, expériences ou souvenirs que je peux vous partager bien qu’elles se soient déroulées antérieurement à ma prise de fonction aux PEP CBFC. Jusqu’à la fin des années 2000, je pensais qu’un élève qui ne lisait pas en utilisant le canal visuel n’était pas un lecteur à part entière. 
Et puis je me suis interrogée :  à quoi ça sert de savoir lire ? Est-ce que pour accéder aux connaissances, nous sommes obligés d’être de « bons » lecteurs? Je me souviendrai du jour où un élève en 5ème, m’envoyait un SMS pour m’indiquer qu’il avait lu le roman que son professeur de français lui avait demandé d’étudier. Comme ce jeune homme n’était pas en mesure de comprendre l’écrit au-delà de quelques phrases, je lui avais transcrit son bouquin en fichier mp3. « J’ai tout lu » Voilà tout était dit (ou écrit) PS : j’ai passé des heures et des heures à enregistrer le roman soit via Audacity soit directement sur mon téléphone, c’était en 2013 et évidemment la version audio du roman en question n’existait pas ! »

Olivia, orthophoniste au Dispositif d'Accompagnement Médico-Social (DAMS)

Depuis quand exercez-vous le métier d’orthophoniste et pourquoi vouliez-vous faire ce métier ?
« Je suis orthophoniste depuis 25 ans. Pourquoi j’ai voulu exercer ce métier ? Pour aider les enfants à mieux communiquer, et donc mieux parler mieux percevoir le monde et avoir plus de moyens à leur disposition pour le faire et pour s’exercer, les aider à développer tout ce qui est cognitif. J’ai toujours travaillé dans le handicap, polyhandicap, la surdité et handicap mental. »

Votre journée type ? « Après avoir préparé et emporté mon pique-nique avec toutes mes affaires dans une valise, je me rends dans une Unité d’Enseignement Externalisée (UEE) et au cours de la journée je passe sur le site du DAMS, rue des Ecayennes à Dijon pour d’autres prises en charge.

Ma journée débute à 8h30 et je quitte à 17h environ, selon l’emploi du temps. J’interviens sur une UEE école élémentaire et sur une UEE collège pour le DAMS. Comme mes trois autres collègues, nous sommes sur plusieurs lieux de prise en charge et devons emporter du matériel à chaque fois. Nous travaillons avec différents chefs de service selon les secteurs d’intervention et avons donc plusieurs équipes avec qui collaborer. Nous avons malheureusement peu de moments pour nous croiser toutes les quatre. »

Une expérience qui vous a profondément marquée ?
« Il n’y a pas qu’une seule expérience qui m’a marquée, car avec des enfants en grande difficulté, si on laisse le temps de l’évolution se faire la progression est souvent au rendez-vous et d’une grande satisfaction. Pour moi, l’essentiel c’est qu’il soit mieux armé pour gagner en autonomie. »

Aurélie, orthophoniste au Centre d'Action Médico-Social Précoce (CAMSP)

« Diplômée en 2002, j’ai d’abord travaillé en tant qu’orthophoniste en exercice mixte. J’exerce actuellement en activité salariée au sein du CAMSP-CMPP1 d’Auxerre depuis 2006. J’ai choisi ce métier pour la diversité de ses champs d’intervention : en effet, nous sommes formés pour intervenir auprès de patients dont les problématiques peuvent relever des domaines de la psychiatrie, de la neurologie, O.R.L… afin de favoriser la communication.

Cela fait appel à des connaissances dans le domaine de la médecine, des sciences humaines, mais aussi de la linguistique et ces différents aspects suscitent également mon intérêt et ma curiosité. Au sein de l’établissement où j’exerce en tant qu’orthophoniste actuellement, mon activité est variée : séances de rééducation individuelle, séances en groupe avec parfois un autre professionnel, accompagnement parental dans le cadre d’action de prévention, de troubles de l’oralité alimentaire et langagière, évaluations, participation aux synthèses, aux réunions…

Ce qui est essentiel pour moi dans l’exercice de mon métier, surtout au CAMSP, c’est de donner à l’enfant, à l’entourage, les moyens  de communiquer, de se faire comprendre et de comprendre le monde qui l’entoure, quelque soit l’outil utilisé ; parole, geste, pictogramme, informatique, etc. Cela est toujours très touchant d’être le moteur et le témoin des premiers échanges ; les patients et leur entourage en sont d’autant plus reconnaissants. »

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Publié le 30/05/2024

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